Photo titre : Un Palestinien observe des bulldozers israéliens en train de démolir un bâtiment palestinien, à Qalandia, en Cisjordanie occupée, le 17 août 2026. ©AFP – Zain JAAFAR
Ecrivain et poète, Karim Kattan est né à Jérusalem en 1989 et a grandi à Bethléem. Il vit en France et écrit en français. Il publie Septentrionale, à paraître le 4 septembre aux éditions Elyzad.
Comment raconter ce territoire morcelé, fragmenté, comment raconter ces villages assiégés ou détruits qui ne sont pas de simples rangées de maisons entre lesquelles circulent des courants d’air mais qui sont leurs habitants même intégrés à la pierre, aux charpentes et au sol ?
L’asphyxie quotidienne de la Cisjordanie
En Cisjordanie, “il y a en effet une organisation d’apartheid : il y a des routes pour les colons, des routes pour les Palestiniens ; parfois elles se rejoignent, mais très rarement. Là où les colons peuvent circuler, nous, Palestiniens, sommes en danger”, raconte Karim Kattan.
“Ce que je dis relève de mon expérience, je n’affirme pas de vérité générale. Dans mon expérience des années 1990 et du début des années 2000, on voyait les colons, évidemment ; on avait peur d’eux, je ne vais pas l’oublier mais je pense que la différence, c’est qu’aujourd’hui la Cisjordanie est, on peut le dire, entièrement le royaume des colons et des soldats”, selon l’écrivain et poète.
“Le processus de colonisation n’est pas nouveau : il est non seulement installé, mais aussi fondamental dans la société israélienne. Les colons ne sont pas des gens tombés du ciel, ce sont des Israéliens ; on les appelle « colons » comme si c’était une autre catégorie de population, mais ce sont des Israéliens.” rappelle Karim Kattan.
France Culture – 24 août 2026 – publication AFPS Alsace 26 août 2026