Visiblement agacé par les travaux du Groupe de la Haye, le ministère israélien des Affaires étrangères a posté une menace à peine voilée contre les pays qui entendent faire appliquer le droit international en Palestine. Dans un tweet, Israël a laissé entendre que ceux-ci connaîtront le même sort qu’un navire de guerre iranien détruit.
Réunis le 4 mars à La Haye, près de 40 pays dont l’Espagne, la Suisse, la Norvège, la Chine, l’Algérie, l’Indonésie, le Brésil, menés par l’Afrique du Sud et la Colombie, ont discuté des mesures concrètes à envisager de manière collective pour l’application du droit international et notamment de l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice (CIJ) de juillet 2024 concernant les Territoires palestiniens occupés.
Israël a vivement réagi à cette réunion. L’Etat colonial a d’abord félicité le Honduras et la Bolivie pour leur retrait le matin même de la réunion du Groupe de La Haye. Puis dans un tweet surréaliste, le ministère israélien des Affaires étrangères a posté deux photos : une de la réunion du groupe de La Haye et l’autre du bombardement d’un navire iranien par Israël, accompagné de ce message : « L’Afrique du Sud, proche alliée du régime meurtrier de Téhéran, responsable du massacre de milliers de ses propres citoyens, vient d’organiser une nouvelle réunion anti-israélienne biaisée du “Groupe de La Haye”. Ces deux régimes corrompus, unis par leur haine d’Israël, ont récemment mené un exercice naval conjoint. On peut s’attendre à ce que le résultat de la réunion de La Haye soit aussi concluant que la marine iranienne, ce qui explique probablement pourquoi la Bolivie et le Honduras ont eu la sagesse de quitter ce forum. »

Un message interprété comme une menace directe contre les 40 pays participant au Groupe de travail sur le droit international. « S’agit-il d’une menace israélienne de bombarder La Haye ? » a demandé Guillaume Long, conseiller diplomatique du Groupe. Dans un entretien qu’il a accordé à l’Agence Média Palestine, il estime que ce genre de posts seraient « plutôt attendus de trolls sur les réseaux sociaux mais là, cela émane du ministère israélien des Affaires étrangères et apparaît clairement comme une menace, il n’y a aucun doute ». Pour ce diplomate, cela prouve que le Groupe de La Haye « se consolide et cela ennuie les Israéliens ».
La réunion du 4 mars s’est tenue en présence des ambassadeurs des pays représentés auprès des instances du droit international à La Haye ainsi que de nombreux experts et de diplomates qui envoient par la suite des rapports détaillés à leur capitale. La Colombie et l’Afrique du Sud étaient pour leur part représentées par leurs vice-ministres des Affaires étrangères « C’est une réunion qui enracine le groupe dans une logique institutionnelle, diplomatique et multilatérale », ajoute Guillaume Long, et qui aboutira à une nouvelle réunion au niveau ministériel en avril.
La France, quant à elle, a explicitement refusé de participer aux travaux du Groupe de La Haye. Interrogé par l’Agence Média Palestine, le porte-parole de la diplomatie française n’a pas été en mesure de nous fournir d’explications sur ce refus tout en se disant attaché au droit international, au multilatéralisme et à l’avis consultatif de la CIJ de juillet 2024.
AGENCE MEDIA PALESTINE – Meriem Laribi – le 6 mars 2026 – publication AFPS Alsace 24 mars 2026