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Résistance palestinienne et piège du « Board of Peace » de Trump

Photo titre : Des membres de l’équipe de la brigade Al-Qassam supervisent le retrait des décombres à la recherche des corps de captifs israéliens décédés, rue Bagdad, Shuja’iyya, 3 novembre 2025. (Photo : Omar Ashtawy/APA Images)

La résistance palestinienne est confrontée à un dilemme avec le « Conseil de la paix » de Trump : le rejeter et risquer l’anéantissement, ou s’engager et risquer de normaliser une occupation permanente.

La première réunion du soi-disant « Conseil de la paix » de Trump est prévue plus tard cette semaine. Les factions de résistance palestinienne sont confrontées à une situation déterminante : rejeter le Conseil d’emblée et risquer l’anéantissement et le blocage de la reconstruction, ou s’engager avec lui et risquer l’érosion progressive de leur nature d’organisations de résistance.

Bien qu’il ait été présenté comme un mécanisme administratif d’après-guerre, l’objectif ultime du Conseil est de réorganiser la vie politique palestinienne à Gaza — sous supervision coloniale directe — en un état permanent de soumission politique. Bien qu’elle soit présentée comme un cadre multilatéral pragmatique pour mettre fin à la guerre et reconstruire le territoire, sa logique plus profonde est de transformer Gaza d’une source de confrontation anticoloniale en un espace politique domestiqué pouvant être géré et maîtrisé. Dans cette « nouvelle Gaza », l’objectif ultime des États-Unis est de synchroniser gouvernance, sécurité et reconstruction sous supervision externe.

Ce n’est pas simplement une imposition externe aux bénéficiaires passifs ; c’est une structure conçue pour forcer les acteurs palestiniens à choisir entre un refus catastrophique et une incorporation conforme. Ce choix forcé est ce qui définit le dilemme au cœur de ce qui suit.

L’arrangement d’après-guerre à Gaza sous le Board of Peace vise également à maintenir la possibilité d’un nettoyage ethnique à grande échelle — différé, mais constamment présent comme un spectre et une possibilité. Ce faisant, elle redéfinit la question palestinienne à Gaza — non pas comme une lutte pour la souveraineté et la libération, mais comme un problème d’administration, de conformité et de réforme institutionnelle.

À bien des égards, ce n’est ni nouveau ni nouveau, faisant écho à d’anciennes formes de domination coloniale à travers la nature axée sur les affaires du Conseil, comme s’il ressuscitait une nouvelle Compagnie des Indes orientales. Ce n’est pas non plus nouveau dans la politique palestinienne, qui s’est habituée à une vie contrôlée et à un statut d’État différé. Les Accords d’Oslo en étaient un exemple. Les arrangements post-Seconde Intifada de « paix économique » en étaient un autre. Si les Palestiniens se désarment, condamnent la résistance, construisent des institutions et se concentrent sur la prospérité économique, on leur dit qu’ils atteindront la statut d’État.

Mais cette stratégie, dans sa meilleure forme, est une politique de différention. Dans son pire moment, c’est une préparation à la fin de la vie palestinienne à Gaza.

L’architecture du Conseil consolide le levier financier, la restructuration de la sécurité et la conditionnalité politique en un régime transitoire unique. Les fonds de reconstruction sont liés à des indices de référence. L’administration civile est supervisée par un organisme international. La stabilisation de la sécurité est implicitement ou explicitement liée à la restructuration ou à la neutralisation de la résistance armée. L’horizon temporel de l’arrangement — qui s’étend jusqu’en 2027 et potentiellement au-delà — introduit une élasticité dangereuse dans le concept de transition. Ce qui est présenté comme une gouvernance temporaire risque de se solidifier en un état normalisé de décombres suspendus.

Cela produit un champ d’action palestinien profondément limité. L’asymétrie du pouvoir n’est pas seulement militaire ; il est institutionnel et financier. Les acteurs externes détiennent les instruments de reconstruction, de légitimité diplomatique et de régulation des frontières. Et bien sûr, tout passe par Israël. Les Palestiniens sont présentés comme bénéficiaires dans un système conçu ailleurs et on leur demande de se soumettre pour éviter de nouveaux massacres.

Pourtant, l’arène politique palestinienne n’est pas un terrain passif. Elle est fracturée, fatiguée, contestée — et précisément à cause de cela, elle aussi imprévisible. Le succès ou l’échec du Conseil dépendra également de la manière dont les Palestiniens navigueront dans cet espace politique comprimé — du Hamas, aux autres factions de résistance et acteurs politiques, jusqu’à l’Autorité palestinienne (AP).

Situations contrastées : comment le Hamas et l’AP se rapportent-ils au Board of Peace ?

La résistance palestinienne entre dans ce moment chargée de contradictions. Elle a résisté militairement, pourtant Gaza est pulvérisée. La survie soutient son autorité symbolique et matérielle comme force de résistance, mais l’immensité de la destruction pèse sur le corps social même dont cette endurance est tirée.

On ne peut pas demander à une population de supporter indéfiniment la faim, le déplacement et la ruine au nom de la liberté.

La signature du cessez-le-feu par le Hamas et son ouverture prudente à une gouvernance technocratique ne sont pas tant un signe de reddition qu’une reconnaissance : on ne peut pas demander à une population de supporter indéfiniment la faim, le déplacement et la ruine au nom de la liberté. Abri, électricité, eau — ce ne sont pas des abstractions. Ils réorganisent les priorités. 

Et pourtant, le désarmement n’est pas un ajustement technique. C’est existentiel. Pour les Palestiniens, l’arme dépasse sa fonction matérielle. C’est une déclaration d’être politique, une revendication d’une agence perturbatrice, un refus de vulnérabilité permanente. Cela signifie la capacité non seulement à affronter l’occupation, mais aussi à exiger la présence palestinienne sur les terres palestiniennes, et une capacité capable de déformer l’ordre colonial. Le renoncer dans des conditions scénarisées de l’extérieur ne se contenterait pas de recalibrer les tactiques, mais marquerait une transition d’un mouvement de résistance contestant la domination à un acteur domestiqué intégré dans un ordre hautement maîtrisé.

Le Hamas et le reste des factions palestiniennes composant les réseaux de résistance opèrent dans un corridor qui se rétrécit. Rejeter le Conseil d’office comporte un risque d’isolement et d’étouffement de la reconstruction. Se conformer pleinement risque d’une érosion plus lente de leur engagement envers la résistance et d’une descente vers une subordination permanente. Ainsi, la posture du Hamas devient celle d’une flexibilité calibrée : accueillir des arrangements transitionnels tout en résistant à la conversion discrète de la reconstruction en désarmement par d’autres moyens. Elle cherche à mettre la dissuasion aux côtés de l’obligation sociale, à préserver les armes tout en évitant une nouvelle vague de massacres sanglants.

La persévérance d’un tel équilibre dépendra non seulement de la coercition externe, mais aussi de la cohésion interne. Autrement dit, cela dépend de la durée pendant laquelle la société palestinienne pourra résister à la pression alors qu’Israël et les États-Unis ont conditionné la survie à l’abdication de la résistance.

L’Autorité palestinienne en Cisjordanie, en revanche, fait face à un paradoxe différent. Le Conseil lui offre reconnaissance, engagement financier et la possibilité de réintégrer la sphère administrative de Gaza. Pour une direction longtemps investie dans la diplomatie internationale et la réforme institutionnelle, ce cadre semble compatible avec son orientation stratégique vers la collaboration avec Israël, et son enracinement en tant que gestionnaires des Palestiniens à la demande des centres internationaux de puissance.

Pourtant, le problème de l’AP n’est pas l’accès à l’approbation diplomatique, mais l’érosion de la légitimité intérieure. La culture politique palestinienne a été façonnée par le siège, la confrontation et la méfiance envers les arrangements négociés extérieurement. Si l’AP s’aligne trop étroitement sur les conditions de sécurité du Conseil — notamment sur la question des armes de résistance — elle risque de s’enraciner davantage en tant que régime collaborationniste, technocratique et autoritaire.

L’AP s’est avérée utile comme un tampon de camouflage palestinien… Mais les tampons en caoutchouc sont des instruments jetables.

En même temps, s’éloigner du processus risquerait d’être marginalisé dans un cadre déjà structuré autour de l’initiative américaine. Ce risque se fait encore plus vivement sentir alors que la coalition de droite israélienne cherche délibérément à marginaliser et à diminuer le rôle de l’AP, allant jusqu’à rejeter sa participation au Conseil de la paix proposé sous toute forme.

L’espace de manœuvre de l’AP se réduit donc à un alignement partiel : approuvant la reconstruction et l’implication internationale tout en invoquant rhétoriquement l’unité et la souveraineté nationale.

Cette posture révèle une vulnérabilité plus profonde. Pour les centres internationaux de pouvoir, l’AP s’est avérée utile comme un tampon palestinien — une source de légitimité nominale pour des arrangements qui servent des intérêts extérieurs tout en donnant un vernis de consentement palestinien à des revendications qui autrement sembleraient purement coercitives.

Mais les tampons en caoutchouc sont des instruments jetables. Une fois qu’ils ont accompli leur fonction, ils deviennent remplaçables. L’AP risque de devenir un médiateur disparu : essentiel à la transition, sans rapport avec ce qui suit.

Cette impasse — entre une résistance qui ne peut céder pleinement et une Autorité qui ne sera pas à la hauteur — capture ce que Ghaleb Halsa appelait la condition de « choisir la fin tragique ». La politique palestinienne d’aujourd’hui semble prise dans un limbe structurel, non pas parce que les deux voies sont également contraintes, mais parce que l’AP a activement choisi la subordination plutôt que la confrontation, la gestion plutôt que la mobilisation, et la préservation institutionnelle plutôt que la libération nationale. La tragédie n’est pas seulement que l’Autorité agit dans des contraintes imposées de l’extérieur, mais qu’elle les a intériorisées comme stratégie politique.

Là où les factions de résistance naviguent dans les impossibilités qui leur sont imposées, l’Autorité a adopté l’impossibilité comme mode de gouvernance. Il ne se contente pas de collaborer avec l’occupation sous la contrainte, mais construit toute son existence institutionnelle autour de la collaboration, transformant ce qui devrait être un accommodement tactique temporaire en une orientation politique permanente. Il gouverne sans souveraineté non pas parce que la souveraineté est inatteignable, mais parce que l’obtenir nécessiterait de risquer les privilèges institutionnels, les flux financiers et la reconnaissance internationale dont repose son leadership.

Le limbe, donc, n’est pas l’inévitabilité structurelle, mais l’échec politique. L’AP s’est révélée incapable de transformer sa présence institutionnelle en un véritable levier, ni de transformer sa reconnaissance internationale en concessions significatives. Elle légitime des processus conçus pour différer plutôt que pour offrir l’accession à l’État. Ce faisant, il ne navigue pas dans la tragédie mais la produit.

Le Board of Peace n’est que la dernière itération d’une dynamique que l’AP permet depuis des décennies : la transformation des aspirations politiques palestiniennes en conformité administrative.

Le paradoxe de la survie

Au-delà des calculs factionnels se trouve le public palestinien, dont la position n’est ni idéologiquement uniforme ni politiquement apathique. La dévastation de Gaza a intensifié l’urgence matérielle. La reconstruction n’est pas abstraite ; Il est immédiat et viscéral.

Pourtant, le besoin humanitaire n’efface pas la conscience politique. Le langage de la tutelle, de la supervision et de la réforme est accueilli avec suspicion par une population historiquement habituée à des reports imposés de l’extérieur déguisés en solutions. Plus que la suspicion, elle est accueillie par une connaissance ancrée — du genre qui devient naturelle — de la manière dont ce langage ne signifie rien pour les Palestiniens, et tout pour les Israéliens.

Le paradoxe est clair : la survie est à la fois la condition préalable à la résistance et le mécanisme par lequel la résistance peut être neutralisée.

Cela produit une dynamique duale : un désir aigu de stabilité et de reconstruction, couplé à une résistance aux arrangements qui semblent normaliser la subordination. Tout acteur palestinien qui ne parvient pas à saisir cette dualité risque une perte rapide de pouvoir et de légitimité. La résistance armée ne peut ignorer le coût social d’une dévastation prolongée. La coopération active avec les puissances coloniales et impériales ne peut ignorer le coût de la capitulation. Mais plus intéressant encore, autre chose émerge de cette scène : une politique de survie elle-même investie dans le différent.

Peut-être plus que jamais, les forces de résistance — qu’elles soient au Liban ou en Palestine — naviguent dans le paradoxe même de la survie. Survivre est nécessaire pour préserver la capacité de résister au fil du temps, mais survivre indéfiniment dans des cadres conçus pour transformer la survie en soumission, c’est risquer de devenir ce que l’on résiste. Le paradoxe est clair : la survie est à la fois la condition préalable à la résistance et le mécanisme par lequel la résistance peut être neutralisée. Refuser la survie, c’est risquer une nouvelle série d’éliminations ; Accepter la survie selon les conditions disponibles, c’est risquer d’être intégré dans les structures mêmes auxquelles on s’oppose.

Ce qui ressort ici est une double logique de report, où deux formes distinctes de report opèrent simultanément mais servent des objectifs fondamentalement différents. Comprendre cette distinction est crucial, car tandis que l’une est imposée d’en haut comme mécanisme de contrôle, l’autre émerge d’en bas comme une stratégie de préservation, bien que les deux risquent de produire le même résultat politique.

Le report colonial est architectural et intentionnel. Elle ne nie pas ouvertement la souveraineté palestinienne, mais la conditionne au respect d’une liste toujours plus grande d’exigences : réforme institutionnelle, coordination sécuritaire, viabilité économique et bonne gouvernance. Chaque condition génère son propre calendrier, ses propres mécanismes de surveillance, son propre groupe d’experts internationaux. Le génie de ce système réside dans le fait qu’il transforme une question politique binaire — liberté ou subjugation — en un processus administratif progressif. La souveraineté ne devient pas un droit à reconnaître, mais un prix à gagner par une compétence démontrée.

Le Conseil de la paix en est parfaitement l’exemple : il ne rejette pas l’État palestinien mais le diffère indéfiniment à travers des séquences mises en scène où chaque phase doit être achevée avant que la suivante ne puisse commencer. C’est aussi ainsi que fonctionnait le système du Mandat.

Mais le report colonial fait plus que reporter la souveraineté. Il réorganise activement l’espace et la population tout en semblant se concentrer uniquement sur les processus et les lignes temporelles. Le langage temporel de la mise en œuvre par phases, du progrès conditionnel et de l’autonomie graduée masque un projet spatial plus profond. La reconstruction de Gaza devient le prétexte à une transformation permanente : qui revient, où ils s’installent, sous quelle autorité ils vivent.

C’est la double fonction du report : elle reporte les revendications politiques palestiniennes tout en accélérant les ambitions territoriales israéliennes, en gérant les préoccupations de légitimité internationale par la réalisation du processus — tandis que la substance de la dépossession se poursuit. Le cadre parle de la gouvernance de demain tout en veillant à ce que la géographie actuelle devienne irréversible.

Comment les mouvements de résistance naviguent dans le report

Mais il existe une autre forme de report que les mouvements de résistance peuvent eux-mêmes pratiquer dans le cadre de leurs manœuvres politiques. Ce type de report de résistance opère d’une nécessité totalement différente, émergeant de la réalité matérielle selon laquelle la résistance palestinienne fait face à des choix impossibles : une confrontation armée qui produit une dévastation sociale catastrophique, ou une coopération avec les cadres coloniaux qui conduit à la capitulation politique. Aucune des deux options n’est durable.

La première détruit le tissu social sur lequel repose la résistance ; ce dernier détruit la légitimité qui donne un sens à la résistance. Le report résistant est la tentative de naviguer entre ces deux impossibilités. Ce n’est pas le report de la souveraineté — qui reste l’objectif déclaré — mais la confrontation décisive qui forcerait un choix immédiat entre anéantissement et soumission.

Là où le report colonial vise à empêcher l’arrivée de la souveraineté, le report de la survie vise à empêcher la fermeture même des possibilités politiques. Son but n’est pas d’atteindre un point d’arrivée prédéterminé, mais de garder l’avenir ouvert, de s’assurer que la catastrophe n’exclut pas toutes les alternatives.

Les logiques temporelles diffèrent fondamentalement. Le report colonial fonctionne par de faux progrès — activité constante, négociations, réformes, repères — qui créent l’apparence d’un mouvement vers un avenir, tout en assurant structurellement que l’arrivée reste perpétuellement hors de portée. Il mesure le temps dans des jalons délibérément conçus pour ne jamais être accomplis.

Le report de résistance, en revanche, ne mesure pas du tout les progrès. Il mesure l’endurance. Sa temporalité n’est pas un mouvement vers l’avant mais une persistance latérale : pas « nous nous rapprochons de la libération », mais « nous n’avons pas encore été éliminés ». C’est pourquoi le report résistant manque d’une téléologie conventionnelle. Elle ne vise pas un État futur spécifique, mais à empêcher un résultat précis — l’effacement final de la subjectivité politique palestinienne.

L’épée à double tranchant de la survie

Il y a un danger à transformer l’endurance d’une nécessité temporaire en une condition permanente. Lorsque la survie devient sa propre justification — lorsque l’objectif de préserver la capacité de résistance repousse effectivement la résistance elle-même — le report de la résistance commence à refléter le différend colonial dans ses effets.

Le cadre colonial anticipe précisément cette convergence. Elle crée des conditions conçues pour forcer les mouvements de résistance à passer en mode survie, sachant que la survie indéfinie au sein des structures de domination finit par normaliser ces structures. L’AP incarne ce piège : née de la résistance, elle existe désormais principalement pour gérer l’occupation qu’elle était censée mettre fin, justifiant cette gestion par le langage de la préservation de la capacité institutionnelle et de la prévention de l’effondrement social. Ce qui a commencé comme un report de résistance s’est calcifié en participation au report colonial.

C’est donc la condition : le report résistant ne préserve la possibilité politique qu’en retardant sa réalisation, tandis que le report colonial exclut précisément la possibilité en la maintenant perpétuellement en jeu. Les deux produisent de l’attente, tous deux génèrent de l’épuisement, et tous deux risquent de transformer le temporaire en permanent.

Pourtant, ils ne sont pas symétriques. L’un est imposé par une force écrasante et une architecture institutionnelle ; l’autre est choisie parmi des contraintes impossibles. L’un vise à empêcher l’arrivée ; l’autre pour éviter l’anéantissement.

La différence compte — non pas parce qu’elle garantit la victoire, mais parce qu’elle identifie où l’agence, aussi compressée soit-elle, opère encore. Le Conseil de la paix représente la dernière itération de la gouvernance coloniale, mais aussi sa vulnérabilité persistante : il doit constamment reproduire le consentement palestinien, gérer la conformité palestinienne et répondre au refus palestinien.

Les structures conçues pour éliminer la politique ne réussissent jamais complètement ; ils ne font que le remplacer, le reporter, le forcer à prendre de nouvelles formes. On ne peut savoir à l’avance si ces formes constituent une résistance ou simplement leur prolongation de décomposition. Elle ne peut être pratiquée, endurée, et peut-être transformée que par la lutte elle-même — par la navigation quotidienne de contraintes impossibles, en temps réel, sans garantie d’arrivée.

MONDOWEISS – Abdaljawad Omar – 18 février 2026
Abdaljawad Omar est écrivain et professeur assistant à l’Université de Birzeit, en Palestine.